Parcours

De l'automate au système.

Un fil unique traverse tout ce qui suit : je construis des choses qui doivent tenir.

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Un automate de ligne de production tient quand personne ne le regarde. Une maison passive tient l'hiver sans chaudière. Un système d'information tient quand 15 000 personnes s'en servent un lundi matin. C'est le même métier, et je l'ai appris dans cet ordre.

Et il y a une boucle que je n'avais pas prévue : le sujet de mon diplôme, en 2002 chez Porsche, était de capturer le savoir-faire avant qu'il ne parte. Vingt-quatre ans plus tard, c'est mot pour mot le problème que l'IA d'entreprise redécouvre. L'histoire complète est un peu plus bas, elle vaut le déplié.

30

Ans entre le premier automate programmé et l'agent IA en production. Le rail ne s'interrompt jamais.

15 000

Personnes qui se servent du système un lundi matin. À cette échelle, une panne se voit.

895

Au TOEIC. L'allemand, lui, s'est appris sur place : un an en immersion, ateliers animés en allemand.

30 ans, une seule question
  1. 1997 → 1998L’automateProgrammation d’automates sur lignes de production, puis une machine spéciale conçue et mise au point à 7.
  2. 1999 → 2002L’interfaceICSISA, puis un logiciel qui dialogue avec un automate, puis un portail d’entreprise chez Porsche.
  3. 2003 → 2023Le systèmeSupport du système d’information national de l’Assurance Maladie. Plusieurs domaines, les cas complexes.
  4. 2024 → 2026L’agentDes systèmes IA branchés sur le réel, avec les garde-fous qui les empêchent de deviner.

Faire parler deux mondes qui n'ont pas le même vocabulaire. La machine et l'informatique hier, l'organisation et le modèle aujourd'hui. Le rail ne s'interrompt jamais.

1997 → 1999Ce qu'une machine qui tourne sans personne vous apprendConcevoir un objet qui doit fonctionner quand plus personne ne le regarde. C'est là que j'ai appris qu'un plan juste et une machine qui marche sont 2 choses différentes.

J'ai commencé par les machines. BAC en génie mécanique option systèmes automatisés, puis un BTS de mécanique et automatismes industriels à l'Institut Lemonnier, à Caen. La deuxième année s'est jouée sur un vrai objet : concevoir, réaliser et mettre au point une machine spéciale automatisée pour un équipementier automobile, à 7, avec un budget et une date. C'est là qu'on apprend qu'un plan juste et une machine qui fonctionne sont 2 choses différentes.

Entre les 2, des étés en production : programmation d'automates, maintenance sur lignes, électrotechnique chez un industriel laitier du Cotentin. Puis 2 mois chez Renault Véhicules Industriels, à Blainville-sur-Orne, à écrire un logiciel qui dialoguait avec un automate. Le pont entre l'informatique et la machine était déjà le sujet.

Il l'est resté : ma spécialisation suivante s'appelait ICSISA, pour interface de communication entre systèmes informatisés et systèmes automatisés. Le nom est laid, l'idée ne l'est pas. Faire parler deux mondes qui n'ont pas le même vocabulaire, c'est ce que je fais encore aujourd'hui, avec des modèles de langage à la place des automates.

1999 → 2002Le sujet que j'ai eu à 25 ans, et qui est revenu 24 ans plus tardMa Diplomarbeit chez Porsche portait sur la capture du savoir-faire. C'est exactement le problème que l'IA d'entreprise redécouvre aujourd'hui.

Diplôme d'ingénieur en informatique et réseaux de télécommunications à l'ESAIP, à Angers, reçu troisième sur 25. Un an en Allemagne dans le parcours, dont un semestre d'études à Constance, et 10 semaines à Liverpool pour l'anglais.

Ma Diplomarbeit, 6 mois en 2002, s'est faite chez Porsche AG à Weissach, au département recherche et développement carrosserie. Le sujet : spécifier une base de données sur le portail d'entreprise pour capitaliser le savoir-faire et le remettre à disposition aux phases opportunes du cycle de vie du produit. Java, Oracle, architecture 3-tiers, et des ateliers animés en allemand devant des ingénieurs qui savaient exactement ce qu'ils voulaient.

24 ans plus tard, je passe mes soirées à construire un système qui fait précisément cela : capturer un contexte de travail pour qu'il survive à celui qui l'a acquis. Je n'avais pas prévu que mon sujet de fin d'études redeviendrait d'actualité.

Avant Porsche, 2 passages allemands plus courts : analyste-programmeur chez un fabricant d'inox à Reichenau, où j'ai livré un système de devis de bout en bout, du recueil du besoin à la formation des utilisateurs, puis les tests et la documentation d'une application de gestion d'antennes satellites chez ND SatCom, groupe EADS. Et 2 semaines chez Bosch, à Saint-Ouen, au département de conception des calculateurs moteurs : trop bref pour être une expérience, assez pour voir comment on fabrique l'intelligence embarquée d'une voiture.

depuis 2003Pourquoi les bons outils échouent quand même20 ans dans un système d'information national. Ce qu'on y apprend ne s'écrit dans aucun cahier des charges, et c'est pourtant ce qui décide de l'adoption.

Depuis juin 2003, je travaille au support du système d'information de l'Assurance Maladie, à Caen. Système national, utilisateurs internes, partenaires externes, et des applications dont certaines sont plus vieilles que mon diplôme.

Mon emploi s'appelle chargé de support du SI, au niveau IVB, le plus élevé du référentiel. Il s'appelait avant conseiller de support technique référent ; la classification a changé, pas le travail. Concrètement : maîtriser plusieurs domaines du système d'information, prendre en charge les cas complexes, et servir de recours technique pour une équipe élargie, la hiérarchie et les partenaires.

Ce que 20 ans à cet endroit apprennent ne s'écrit dans aucun cahier des charges. Que la procédure officielle est parfois fausse et que tout le monde le sait. Qu'un outil imposé sans être compris sera contourné avant la fin du mois. Qu'un incident a presque toujours 2 causes, l'une technique et l'autre humaine, et que la seconde décide du délai. Qu'une organisation possède un système immunitaire, et qu'il ne fait pas de différence entre un virus et un greffon.

C'est la partie de mon métier que l'intelligence artificielle ne remplace pas, et c'est précisément celle dont dépend son adoption.

Maquette Revit de la rénovation du quartier Saint-Jean, à CaenL'étude
Le même chantier en cours de réalisation, au travailL'exécution
La rénovation de Saint-Jean, à Caen : la maquette Revit dessinée en autodidacte, puis le chantier mené. Étudier, puis exécuter soi-même : c'est le même geste que pour un système.

Là où les projets d'IA se jouent vraiment

Une démonstration d'IA qui marche 8 fois sur 10 se fait en un week-end. La faire tenir en production prend des mois, et les points de fiabilité qui manquent ne sont presque jamais dans le code : ils sont dans les exceptions, les habitudes non écrites et les données sales d'une organisation précise. C'est le dernier kilomètre, et c'est là que je travaille.

Le dernier kilomètre
80%
La démonstrationun week-end
95%
La productiondes mois

Ce qui vit dans les 15 points

  • Les exceptions que personne n’a écrites
  • Les habitudes qui contredisent la procédure officielle
  • Les données sales, les champs remplis de travers
  • Les contraintes réglementaires qui ne se devinent pas
  • Les gens qui contournent l’outil qu’on leur impose

Aucun de ces 15 points n'est dans le code du modèle. Ils sont dans le métier, et c'est pour ça qu'on ne les traite pas à distance d'un cahier des charges.

Ce site en est le banc d'essai. Ce que je construis, ce qui casse, et le garde-fou que je pose ensuite pour que ça ne recasse pas, c'est dans les notes et les labs. Ce que je construis hors de l'écran est dans les constructions.

Les maisons traversées
  • Les Maîtres Laitiers du Cotentin1997Programmation d’automates, maintenance sur lignes de production, électrotechnique.
  • Renault Véhicules Industriels1999Un logiciel de gestion dialoguant avec un automate industriel, à Blainville-sur-Orne.
  • Porsche AG2002Diplomarbeit de 6 mois au département R&D carrosserie, à Weissach.
  • Bosch20032 semaines au département de conception des calculateurs moteurs, à Saint-Ouen.
  • Assurance Maladiedepuis 2003Support du système d’information national, niveau IVB du référentiel.

De l'industrie laitière à la santé publique en passant par l'automobile allemande. Chaque ligne dit ce que c'était vraiment, durée comprise : un stage de 6 mois n'est pas un poste, et 2 semaines encore moins. Les logos restent la propriété de leurs maisons et illustrent un parcours, pas un partenariat ; fichier Assurance Maladie CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le CV en sept lignes

  • 2003 à aujourd'hui : support du système d'information national de l'Assurance Maladie, niveau IVB.
  • 2002 : Diplomarbeit chez Porsche AG, R&D carrosserie, Weissach.
  • 2002 : ingénieur en informatique et réseaux de télécommunications, ESAIP Angers.
  • 2000 à 2001 : développement et tests en France et en Allemagne, Oracle, PHP, Visual Basic.
  • 1999 : post-BTS ICSISA, interface entre systèmes informatisés et automatisés, Institut Lemonnier.
  • 1998 : BTS mécanique et automatismes industriels, Institut Lemonnier, Caen.
  • Langues : anglais courant, TOEIC 895. Allemand lu et compris, un an sur place, sans pratique depuis.

Le détail vérifiable est sur LinkedIn, mon code public sur GitHub. Le reste, celui qui n'a rien à voir avec un CV, est à côté. Et si vous cherchiez un autre Guillaume Couillard, cette pagevous remettra sur la bonne piste.