Maison passive et positive.Du plan à la réalité.

Peu de chauffage, du soleil pour produire, des choix pensés ensemble. Une réalisation qui montre comment je passe d’un domaine inconnu à un projet concret.

Maison achevée, panneaux photovoltaïques et capteurs d’eau chaude sur le toit
La maison réalisée : le soleil sert à produire de l’électricité et à chauffer l’eau. Photo de 2018.

Sans formation bâtiment, j’ai appris Revit, redessiné la maison et piloté une vingtaine de lots. Ma contribution : concevoir, coordonner et réaliser, avec l’expertise des entreprises.

Projets personnels et contributions bénévoles, sans activité commerciale.

La bonne question : comment tout fonctionne ensemble ?

« Passive » signifie réduire fortement le besoin de chauffage. « Positive » signifie viser une production d’énergie supérieure aux besoins dans le bilan annuel. Ici, le calcul réglementaire conclut à un bilan positif ; les mesures et leurs périmètres sont détaillés plus bas.

L’enjeu n’est pas d’empiler des équipements. Une fenêtre doit laisser entrer le soleil utile en hiver, sans transformer la pièce en serre l’été. Les plans servent à résoudre ces contradictions avant le chantier.

Ce que cela montre : penser un système, comparer les options et anticiper leurs effets sur l’usage.

Le soleil change de rôle selon la saison
Laisser entrer la chaleur utile.

Le soleil bas entre par les fenêtres. L’isolation et le triple vitrage aident à garder cette chaleur.

Arrêter la chaleur avant la vitre.

Le soleil est plus haut : l’avancée de toit fait de l’ombre. Les protections extérieures et l’aération nocturne complètent le dispositif.

Les traits dorés suivent le soleil et la diffusion de sa chaleur à l’intérieur.

Les rayons s’arrêtent à l’avancée de toit. Le flux bleu évoque l’évacuation de chaleur par aération, quand la nuit est plus fraîche.

Schéma de principe, sans échelle. Les flux illustrent des mécanismes, sans représenter leur quantité ni leur vitesse réelle. Ce n’est ni un plan de la maison ni une simulation thermique.
  1. Isoler
  2. Garder l’air à l’intérieur
  3. Faire passer les câbles à part
La prise reste du côté intérieur de la membrane. L’espace de 4,5 cm prévu pour les câbles évite de percer cette couche à chaque boîtier. Coupe simplifiée, sans échelle.

Un détail invisible. Un résultat mesurable.

Sous les finitions, une membrane limite les fuites d’air. Si chaque câble et chaque prise la percent, une bonne isolation ne suffit plus. La solution : réserver un espace intérieur aux réseaux, pour préserver cette couche.

Ce principe constructif vient d’EcoBois14, l’entreprise qui a fabriqué et monté l’ossature. Je ne l’ai pas inventé. Mon apport a été de concevoir l’électricité et la plomberie en conséquence, de coordonner les interventions et de poser les plaques de finition.

Trois fois moins de fuites d’air

Au test indépendant, par rapport au maximum du standard passif. Le résultat récompense le soin apporté aux raccords et à la mise en œuvre.

Cette maison : 0,20
Maximum passif : 0,60

Même test sous 50 Pa ; nombre de renouvellements d’air par heure. Cela mesure l’étanchéité, pas toute la consommation de chauffage.

Ce que cela montre : préserver une exigence à travers plusieurs métiers, jusqu’au contrôle du résultat.

Une maison technique. Et de la terre dans les murs.

La première esquisse avait une verrière de toit. Un professionnel m’a alerté sur la surchauffe ; le calcul thermique a confirmé le risque. J’ai préféré modifier le dessin plutôt que découvrir le problème une fois la maison habitée.

Une avancée de toit et quatre protections solaires extérieures font de l’ombre. Une cloison remplie de terre apporte de la masse pour amortir les variations de température. L’isolation du toit et l’ouverture des fenêtres la nuit complètent l’ensemble.

Le matériau de cette cloison venait du terrain. C’est une solution simple au milieu d’un projet qui comprend aussi des panneaux solaires et une installation domotique KNX conçue et câblée par mes soins.

Ce que cela montre : écouter une alerte, confronter une idée au calcul et combiner technologie et solutions sobres.

Terre tassée dans une cloison entre des montants en bois, avant sa fermeture
Avant la finition : une cloison remplie de terre. Elle ajoute de la masse à une construction légère en bois. Photo de 2017.

Du besoin aux plans. Des plans au chantier.

Le résultat est une maison. Les compétences mobilisées sont celles d’un projet : apprendre, formaliser, coordonner, réaliser et contrôler.

  1. 2015

    Définir les besoins

    Confort, faible besoin de chauffage, production solaire. Un cahier des charges avant les équipements.

  2. 2016

    Reprendre la conception

    Apprendre Revit, redessiner l’ensemble et déposer un nouveau permis en sept semaines. Accord obtenu le 25 mai.

  3. 2016–2017

    Coordonner les métiers

    Une vingtaine de lots suivis en direct. Dessiner l’électricité et la plomberie, faire coïncider les interventions.

  4. 2017–2019

    Contrôler, puis observer

    Test d’étanchéité indépendant, étude thermique et relevés après l’emménagement. Comparer le réalisé aux intentions.

Ce que j’ai pris en charge

  • Le cahier des charges, la maquette Revit et le nouveau dossier de permis.
  • La consultation et la coordination d’une vingtaine de lots.
  • La conception électrique, la plomberie modélisée, la domotique KNX et une partie du second œuvre.

Ce que les professionnels ont apporté

  • Le principe constructif, la fabrication et le montage de l’ossature bois.
  • Les travaux spécialisés et une aide sur le chantier.
  • Les études thermiques et le contrôle indépendant de l’étanchéité.
Ce qui a moins bien fonctionné : le calendrier

J’avais prévu mon second œuvre comme si j’avais déjà la vitesse d’un professionnel. L’emménagement a eu lieu treize mois plus tard que prévu. La leçon : prévoir le temps d’apprentissage et de coordination, en plus du temps de réalisation.

Des résultats que l’on peut expliquer et vérifier.

Un chiffre n’est utile que si l’on sait ce qu’il mesure. Ici, le test indépendant, le calcul réglementaire et les relevés électriques répondent à des questions différentes.

L’air reste maîtrisé
Étanchéité mesurée à 0,20, contre un maximum passif de 0,60. Le test a été commandé par l’entreprise d’ossature et réalisé par EDM Énergie en juin 2017.
L’appoint de chauffage est faible
226 kWh relevés sur une année au sous-compteur de l’appoint de ventilation. Les sèche-serviettes sont exclus : ce chiffre n’est pas la consommation de tout le chauffage.
Le bilan calculé est positif
L’étude réglementaire de septembre 2018 conclut que la production dépasse les besoins dans son périmètre de calcul. La maison n’est pas présentée comme certifiée Passivhaus.
Image thermique d’une fenêtre : ses surfaces apparaissent plus froides que le mur autour
Regarder autrement : la caméra thermique distingue les températures de surface. Une observation complémentaire, pas une mesure de consommation. Photo de 2020.
Les mesures, leurs sources et leurs limites
  • Étanchéité : n50 = 0,20 renouvellement par heure sous 50 Pa. Attestation EDM Énergie du 20 juin 2017. Indicateur français Q4 = 0,05 m³/(h·m²).
  • Bilan réglementaire : Cep = −12,3 kWh d’énergie primaire par m² et par an, pour un plafond de 50,2. Étude du 6 septembre 2018. Un résultat de calcul, dans les conventions de cette étude.
  • Compteurs photographiés en avril 2019 : 6 168 kWh injectés et 3 842 kWh soutirés. Ce sont deux index cumulés ; seuls, ils ne décrivent pas toute la consommation de la maison ni un bilan annuel complet.
  • Chauffage : sous-compteur dédié à la batterie de post-chauffage de la ventilation, hors sèche-serviettes. Les conditions d’occupation et de météo influencent le résultat.

Les documents de chantier sont privés. Leurs intitulés, dates et valeurs sont cités ici pour préciser la provenance des résultats.

Vérifier le seuil d’étanchéité auprès du Passive House Institute ↗
Les équipements et les choix techniques
ChoixÀ quoi cela sertRepère documenté
Isolation des mursLimiter les pertes de chaleur29,5 cm de ouate de cellulose
Isolation du toitLimiter les échanges de chaleur sous la toiture44 cm dans la fiche technique
Triple vitrageFaire entrer la lumière, limiter les pertesUw 0,78 W/(m²·K)
Ventilation avec récupération de chaleurRenouveler l’air en récupérant de la chaleur sur l’air sortantRendement annoncé 93,3 %
PhotovoltaïqueProduire de l’électricité34 modules, 5 780 Wc
Solaire thermiqueChauffer l’eau grâce au soleil5,4 m² de capteurs
Maquette numérique et domotiqueCoordonner les plans et concevoir les automatismesRevit · KNX ETS5

Sources : dossier de permis, note technique du charpentier du 12 juin 2017, étude thermique du 6 septembre 2018 et attestations Consuel de septembre 2017 et février 2018.

Comprendre un besoin. Aller jusqu’à la mise en œuvre.

La maison montre ma capacité à apprendre et à coordonner un projet matériel. Foncier montre la même démarche appliquée à un outil informatique : réunir des informations dispersées pour les rendre utilisables.